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JUILLET 2020

seul style de défense pendant tout un championnat. Aujourd’hui

la variabilité se retrouve au cours d’un même match. Il faut donc

des capacités de lecture très forte.

On pourrait cependant opposer la notion de lecture de

jeu à celle de contenus techniques très précis…

Il faut au contraire arrêter d’opposer les deux. Certains principes

d’occupation de l’espace sont intangibles, des actions où

l’éloignement annule l’aide défensive. Très souvent, quand on

travaille avec les petits, celui qui n’a pas le ballon à tendance

à se rapprocher du porteur. S’éloigner n’est pas forcément

naturel alors que c’est souvent la meilleure solution. On retrouve

ces principes sur le pick n’roll. Ce qui est important c’est que

les joueurs sachent lire les situations. Sur les 7-8 défenses

possibles face à un pick n’roll, il existe des solutions offensives.

Ce ne sont pas des systèmes avec des schémas rigides. C’est

le développement du jeu de lecture. C’est un domaine sur

lequel nous avons beaucoup travaillé puisque, alors que nous

avons des joueurs avec de fortes capacités de percussion, ces

qualités étaient limitées par un jeu sans ballon qui n’était pas

approprié.

Sur quels domaines la Direction Technique a-t-elle

insisté ces dernières saisons et où avez-vous pu obtenir

des résultats ?

Défensivement, la capacité à presser la balle, à se mettre sur

les lignes de passes, à être très agressif, ce travail a porté ses

fruits. Le travail effectué dans le secteur du tir nous a permis

d’être meilleurs sur l’adresse aux tirs. Quand on récupère

la balle, une grande capacité à amener le danger très vite

sur un adversaire pas encore organisé défensivement doit

nous amener à concrétiser. Dans le discours des entraîneurs

étrangers qui nous affrontent la difficulté à attaquer contre les

Équipes de France revient systématiquement. Et la vitesse

que nous parvenons à développer. En revanche, ils soulignent

parfois qu’on ne joue pas forcément très bien ensemble. Chez

les garçons l’accent a donc été mis avant tout sur des notions

de spacing, de collaboration collective. Chez les filles l’accent

est mis sur le développement de qualités individuelles, de

prises de risque.

ÉD I TO • SOMMA I RE

ACTUAL I TÉS

BRÈVES •

I NTERV I EW

V x E • 3x3 • 5x5 • SUPPL ÉMENT

Les calendriers internationaux vous contraignent-ils à

des choix drastiques dans vos orientations techniques ?

Deux tendances sont lourdes chez les équipes nationales. Les

temps de préparation seront toujours plus courts. Et notre sport,

collectif, s’individualise de plus en plus. Mon boulot ce n’est pas

de dire c’est une connerie ou c’est super. L’écosystème est ainsi.

Définir un style de jeu à la française, basé notamment

sur la défense et la course, ne risque-t-il pas de fermer

la porte des structures de haut niveau à des profils

physiques qui ne rentrent pas dans certaines cases ?

C’est un sujet primordial. Quand on définit des styles de jeu, en

particulier basés sur une défense agressive et un jeu de relance,

tu peux traduire ça par une recherche de profils spécifiques.

Cela peut-être dangereux. Et quand j’échange avec des

homologues d’autres sports, la problématique est identique.

Il ne faut pas qu’il y ait de critères d’exclusion. Et j’en reviens

à déterminer où se trouve la force d’un gamin. Avant de se

dire il ne peut pas faire ci, il ne peut pas faire ça. Il est capital

d’identifier et de savoir renforcer le positif. Où est-il bon ?

Pensez-vous aujourd’hui qu’un joueur ou une joueuse qui

passe d’une catégorie à l’autre chez les jeunes ressent la

cohérence des contenus ?

Je vais prendre l’exemple de Yoan Choupas l’an passé. Il a

disputé la Coupe du Monde U19 et quelques jours plus tard

l’Euro U20 pour remplacer un blessé. Il a mis très peu de temps

à se recaler. Il y a un tronc commun à toutes nos équipes.

Autour d’Aimé Toupane et de Grégory Halin, c’est ce que

nous mettons en place. Valérie Garnier et Vincent Collet vont

y participer. On va profiter de leur présence toute l’année pour

avancer sur la réactualisation de nos contenus ainsi que des

programmes dans les pôles espoirs. Au-delà du haut niveau, les

orientations ont également été accompagnées de changements

de règles chez les jeunes. Et en lien avec le pôle formation,

nous avons ciblé les entraîneurs des catégories U15 et U18. Les

directives se retrouvent clairement dans nos outils de formation.

On voit clairement sur les camps interzones ou au camp national

ces aptitudes à courir, à relancer. Il y a véritablement eu une

impulsion.

Bellenger / IS / FFBB