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BASKETBALL MAGAZINE

il y avait forcément un lien entre ces programmes et les A. En

2014, Patrick Beesley m’a donné le titre de Coordonnateur

Technique des Équipes de France jeunes. C’était une forme

d’officialisation, une forme d’extension de ce qui se faisait au

Pôle France.

Quelle était la base de la réflexion débutée en 2014 ?

L’idée de base est de se préoccuper des tendances actuelles

du jeu, se poser la question de la projection vers l’avenir et de

conserver le parti pris de s’inspirer du plus haut niveau avec

nos équipes A. Au-delà de la coordination technique il y a eu

également un travail sur la coordination managériale. On se

rendait compte que les modes de fonctionnement pouvaient

beaucoup varier d’une équipe à l’autre selon la personnalité

des entraîneurs. La prochaine étape sera le développement

de la préparation mentale. Tout d’abord l’accompagnement

humain avec une forme de proximité entre entraîneur et joueur.

Mieux conjuguer les objectifs collectifs et individuels. Ensuite

la résistance au stress. Et lié à la préparation mentale il y a

la notion de pédagogie. Quand on voit les Espagnols et leur

capacité à renverser des situations mal engagées, cela vient

de leur enseignement du basket avec la valorisation de la prise

d’initiative. C’est encouragé pédagogiquement.

Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent

dans le basket moderne ?

En 2012, au lendemain des Jeux Olympiques, j’avais réalisé

une synthèse d’observation qui reste encore valable aujourd’hui

tant chez les femmes que chez les hommes. Une synthèse qui

constitue un socle autour duquel les entraîneurs des Équipes

de France jeunes se retrouvent et bâtissent ensemble : la

prise en compte, tant en attaque qu’en défense, de la valeur

athlétique et technique grandissante des joueurs qui modifie la

notion d’espace de jeu. La transition défensive vulnérabilisée

par l’intention de relance rapide et de contre-attaque. La

défense qui impacte les adversaires lorsqu’elle intervient sur les

lignes de passes à hauteur des écrans et que l’ensemble des

joueurs rectifient leur positionnement lorsque le ballon bouge.

Les coordinations fondamentales à cinq joueurs dans le jeu du

pick n’roll. Les démarquages et les sorties d’écran dans les

changements de rythme et de directions. Enfin les solutions

multiples qui doivent être offertes au porteur de balle à chaque

temps de l’attaque tant le scouting vidéo rend les entrées de

systèmes prévisibles.

À quel point les orientations d’hier peuvent rapidement

être remises en cause ?

Quand je relis les cahiers techniques de 2009, certaines choses

te ramènent à énormément d’humilité tellement les concepts ont

changé. Que valent par exemple les feuilles sur les postes de jeu

aujourd’hui quand on voit trois arrières sur le terrain, un ailier qui

mène le jeu, un pivot qui shoote de loin ? J’ai connu un basket

des équipes nationales avec des équipes qui défendaient sur un

”L’idée de base est de se

préoccuper des tendances

actuelles du jeu, se

poser la question de la

projection vers l’avenir et

de conserver le parti pris

de s’inspirer du plus haut

niveau avec nos équipes A.”

Jacques Commères

FIBA

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